Surpoids et obésité

Surpoids et obésité

Le poids corporel est un souci universel. Certains se battent pour en perdre, d’autres pour en prendre. Pour des raisons esthétiques, médicales, pour répondre à des standards ou des critères, pour faire plaisir à autrui ou pour ne pas décevoir, pour trouver des habits adaptés, pour la pratique d’un sport ou d’une discipline, …

Chacun possède sa ou ses raisons de contrôler son poids ou d’en perdre totalement le contrôle.

Mais pourquoi ces problématiques liées au poids ? Et que veulent dire ces kilos en trop ou en pas assez ?

Ce mois, je vous invite à réfléchir à la question du « trop » en abordant les thèmes du surpoids et de l’obésité.

Au commencement, l’organisme transforme et utilise la nourriture qui lui est fournie afin d’assurer son bon fonctionnement. Si la nourriture arrive en excès et que le corps ne l’utilise pas dans son entier, il la stocke pour une utilisation ultérieure. Il transforme alors les nutriments en cellules graisseuses qui forment ainsi le tissu adipeux, véritable réservoir énergétique de l’être humain. Si cette graisse n’est pas utilisée, elle s’accumule et l’individu grossit.

Historiquement, nos ancêtres ont connu des périodes d’abondance succédant à des périodes de disette (et notre corps fonctionne encore sur ce principe ; le supermarché n’est pas intégré comme une réalité biologique dans notre évolution humaine). Il était alors impératif que le corps soit capable de stocker pour des besoins futurs. Notre tissu adipeux assurait notre survie.

Ce qui permet de poser l’équation suivante pour notre biologie :

Tissu adipeux = survie et protection

Pour le cerveau, il n’existe pas une échelle de danger. Dès qu’il estime que la survie de l’organisme est en jeu, il agit pour chercher une solution.

Transposons cela aux questions de poids :
Si je me sens en danger pour ma survie ou que je manque de protection avec la sensation qu’il va falloir « tenir le coup sur la distance et avoir besoin de réserves », mon cerveau va donner l’ordre au corps de fabriquer du tissu adipeux. Je ressentirai alors un attrait particulier pour les aliments gras et énergétiques et toute privation aura pour effet de chercher à me rattraper le moment venu.

Les dangers pour la survie revêtent des formes variées et sont propres à chacun, dans son vécu, son histoire.

Voici quelques exemples qui peuvent conduire au surpoids :

Je peux avoir besoin de me protéger du regard et du désir de l’autre suite à une agression physique et/ou sexuelle.

Je peux avoir vécu une période de maladie ou avoir fait un régime et mon corps cherche ensuite à emmagasiner des réserves pour survivre à la prochaine vague de manque de nourriture (ce que l’on nomme communément « l’effet yo-yo »). C’est également ce processus physiologique qui se produit chez la mère qui vient de mettre un enfant au monde et qui doit avoir assez de réserves pour nourrir son bébé et elle-même.

Je peux me sentir comme un enfant abandonné suite à un événement de vie, ou par manque d’amour. Le poids me permet de survivre en attendant que je retrouve un foyer accueillant et sécurisant et la graisse m’enveloppant me protégera du froid extérieur ou du froid relationnel.

Je peux avoir la sensation que je dois « ralentir le temps » qui s’écoule trop vite et qui présente un danger. Ce qui aura pour effet de baisser l’activité de ma thyroïde et donc de ralentir mon corps (voir le décodage de la thyroïdite de Hashimoto).

Je peux ressentir un très grand vide intérieur suite à un événement traumatisant. Vide que je cherche à remplir par la nourriture dans le but de retrouver sécurité et protection.

Je peux avoir le sentiment de ne « pas faire le poids » dans les situations que je vis et je cherche à prendre une place plus importante. A devenir « une personne forte ». C’est une des raisons pour lesquelles on retrouve une plus grande proportion de personnes en surpoids dans les couches sociales plus défavorisées. La recherche de sécurité, le besoin de faire des réserves et le désir d’opulence s’expriment directement dans le corps.

En conclusion, la prise de poids répond à un besoin impératif de faire baisser le stress face au danger et permettre de tenir le coup sur une longue période. L’organisme a simplement mis en place la stratégie de survie qu’il jugeait la plus opportune. Il cherche à retrouver le « morceau » d’amour, de nourriture, de chaleur, de sécurité, de temps, … qui lui manque.

Si vous souffrez de problèmes de poids, réfléchissez aux périodes durant lesquelles vous prenez du poids : que s’est-il passé juste avant ? De quelle sécurité avez-vous besoin ? De quoi votre corps, en grossissant, cherche à vous protéger ?

N.B : La boulimie qui est l’expression d’une autre problématique biologique (elle ne s’accompagne d’ailleurs pas forcément de prise de poids) et sera traitée ultérieurement dans un décodage du mois.